Un scandale peut en cacher un autre : Sardou, « Le rire du sergent » (1971)
DOI :
https://doi.org/10.15203/Résumé
Michel Sardou, figure incontestée de la chanson française, né en 1947, a vu sa carrière marquée par des scandales liés à ses opinions politiques d'extrême droite. Pour lui, les chansons étaient aussi des tribunes pour s'adresser au public, l'incitant à prendre position. Il convient d'abord de rétablir la cohérence de son engagement et de démêler l'écheveau de ses opinions sans anachronisme, à partir d'une chanson difficile à interpréter aujourd'hui : « Le rire du sergent » (1971). Cet article vise à montrer que ni la mélodie ni les paroles d'une chanson ne peuvent saisir l'esprit du temps, sans cesse renouvelé ; que les scandales se succèdent au gré de l'évolution de la réception de la chanson, au gré du contexte et des nouvelles priorités politiques. Enfin, nous mettrons en lumière la pertinence d'une notion récente, propre à l'analyse du discours de la chanson, celle de méta-canteur, pour appréhender avec finesse la construction idéologique d'une chanson, puisque, de toute évidence, c'est le plus souvent au niveau des paroles que naissent les controverses.
